jeudi 15 septembre 2011

Ce fut une bonne journée, malgré la petite séparation de ma louloute pour mes cours; je ne m'habitue pas. J'ai l'impression de me séparer d'une partie de moi, une partie qui parlotte, qui bougeotte et qui rigole tout le temps. Je m'ennuie tellement!

J'ai passer la journée à manger calmement en ayant faim, et c'était délicieux, puis je n'ai pas mangé quand c'est le vide du coeur qui m'appelait.

Petit down sur la méthode cependant. J'ai l'impression d'avoir intégré le principe, du moins intellectuellement, et j'aurais envie d'expérimenter un peu sans ces carnets du moment qui ne m'apprennent pas grand chose. Je me sens un peu fragile et je n'ai pas envie de jouer à expérimenter mes différents niveaux de faims ces temps ci. Ma bonne faim, je la reconnais. Là n'est pas le problème, et j'aimerais donc passer à un autre sujet. Quitte à arrêter le parcours et à essayer de mettre en oeuvre ce que je connais déjà mais qui m'échappe encore toujours un peu. Je crois que j'ai envie d'être lâchée dans la nature... Il faut dire quand même que je continue d'apprécier le site pour ses forums et pour les chats et les mots des Drs, qui me parlent toujours beaucoup.

D'ailleurs, parlant de parler, je devrais me taire un peu et d'aller me coucher. J'ai l'impression d'avoir la tête si fatiguée que j'en deviens incohérente...

mercredi 14 septembre 2011

Questions de formation

Je commence, à temps partiel, une formation pour devenir psychologue. À temps plein, ça prends 8 ans; 3 ans pour le bac et 5 pour le doctorat. Je précise pour les amis français que notre bac n'est pas le même que le votre. Ici, on fait 6 ans d'école primaire, puis 5 de secondaires pour avoir un D.E.S. Ensuite, on passe au CEGEP pour 3 ans si on fait une formation technique, 2 si on fait un pré-universitaire ou plusieurs si on est, comme moi, un peu perdue. Ensuite vient l'université: bac, maîtrise, doctorat, PhD... Là aussi, j'ai pas mal usé les chaises.

La formation en psychologie emmène une entrée directe au doctorat. Après les 3 ans du bac, moins de 10% des demandes pour le doctorat son acceptées. Il faut avoir des super notes ET se trouver un directeur de thèse. J'y pense à sans arrêt. Les gens font plein de bénévolat et orientent tout leur C.V. dans l'espoir d'y être admis. J'ai un super C.V., mais comment prendra-t-on le fait que pour ces quelques années de bac, je choisi de passer le meilleur de mon temps auprès de ma fille?

Déjà, j'ai peur de sortir atrocement vieille. Même en oubliant ce léger détail, je stresse à l'idée de me planter. Oui, je stresse toujours à l'idée de me planter, mais là, il y a cette fois de bonnes raisons de le faire. Les faux pas ne sont pas permis au bac, et je n'ai pas tellement envie de perdre des années pour rien.

Pourtant, j'aime la matière (hormis mon cours de stat. Qui peut donc aimer ça?) et la méthode d'enseignement. Les cours me donnent envie de continuer. C'est passionnant, et je ne trouve pas ça bien difficile. Je sais que je peux y performer. Et c'est gérable avec un agenda de maman impliquée. Encore faut-il se démarquer dans des classes de près de 200 étudiants!

Je pourrais continuer mes études de sage-femmes, mais je crois pouvoir dire avec de plus en plus de certitude que pour le moment, je n'ai pas envie d'une séparation si intense d'avec ma petite famille. Je pourrais aussi aller faire une formation d'infirmière, mais il me faudrait alors me mettre à jour en math et en physique, et l'idée me donne des envies d'automutilation. Je ne me souviens de rien, et je n'ai pas envie de recommencer au début.

Dans mon projet idéal, j'aimerais faire ma thèse autour de l'intervention auprès des intervenants en humanitaire surmenés, en dépression ou en SSPT dans une approche émotivo-comportementale. J'aimerais aussi travailler à développer des programmes de santé mentale pour les victimes de guerres ou autres catastrophes humanitaires collectives. Quelque chose dans le genre.

J'aimerais aussi, bien sur, avec les problématiques liées au poids, mais encore faudrait il que je me sorte de mes propres problèmes, ce que j'ai bien espoir de faire.
 
Mais est-ce que je fais fausse route en m'engageant dans une formation si longue et compétitive? Vais-je finir encore plus perfectionniste, névrosée et grosse pour m'accomplir? Suis-je capable de gérer et de ne pas me mettre à étudier de façon quasi pathologique? Faut-il étudier de façon quasi pathologique pour être un bon étudiant? Est ce possible de tout vouloir à la fois: famille, carrière épanouissante, épanouissement personnel, amitiés entretenues, etc...)?

Je devrais aller siester plutôt que de ruminer ces questions angoissantes...

mardi 13 septembre 2011

Double craquage: j'ai dévalisé le frigo et je me suis pesée.

Ce blog est triste à mourir!

lundi 12 septembre 2011

Perfectionniste en échec

Je ne suis pas très fière des derniers jours. Peut-être que si j'en finissait avec la honte et la culpabilité qui meublent les après compulsions, ça durerait un peu moins... Au lieu de me dire que je ferai une journée parfaite le lendemain pour compenser, je pourrais me dire que je vais m'écouter de mon mieux et même manger un aliment réconfortant si le besoin est là. Oui, je pourrais... Reste à le faire!

J'ai eu un autre bilan aujourd'hui, et Linecoaching m'informe que je fais plus de compulsions qu'au début du programme. Oui, je m'en était rendu compte... En fait, je suis un peu découragée aujourd'hui, avec ces autres séances de pleine conscience à faire en pleine journée qu'on me met au programme. Déjà, trouver du temps pour la pleine conscience est un défi quotidien, quand je dois le faire à un moment précis, souvent, je n'y arrive pas et je m'en sens coupable. Les repas sont des moments névralgique ou je me transforme en G.O. alimentaire, pas des moments ou je peux me poser tranquille et seule sur mon coussin pour contempler mes états d'âmes. C'est peut-être un bon moment pour travailler mon tout-ou-rien-isme et mon perfectionnisme. Parfois, ce n'est simplement pas possible de faire tout comme dans le meilleur des mondes et ce n'est pas une raison pour se gorger de chocolat. Je pourrais... Reste à le faire.

Je meurs d'envie de me peser et d'ainsi mesurer les dégâts pour faire dans l'autotorture. Mais à quoi bon? Je pourrais... Reste à ne pas le faire!

Je n'arrive pas à me détacher de l'envie de faire baisser la tension en me promettant que tout sera parfait demain. La vie d'étudiante polit mes travers. Vous devriez voir mes notes de cours; je n'y peux rien, pour moi c'est des notes présentables à l'ONU ou alors un torchon total, puisqu'en étant imparfaite, c'est déjà la déchéance, alors autant tout abandonner. 

C'est pareil pour la bouffe, sauf que je n'arrive pas à tenir le rythme de mes standarts le plus souvent du temps. C'est mon exutoire, l'endroit où je me rebelle contre ma propre dictature! Ennemi identifié, le perfectionnisme, mais ramifié dans toutes les cellules de mon être et dans tout ce que je fais. La désintoxication est difficile, d'autant plus que ça a des avantages d'organiser sa vie pour performer, même si c'est impossible, et insoutenable. Pourtant, je réussi dans bien des domaines, et ça ne me suffit pas. 

Je crois que je continue de compulser parce qu'au fond, je ne supporte pas l'idée de réussir aussi dans ce défi qui m'a toujours résisté. Comment pourrais-je me dévaloriser si je réussissais dans tout ce qui me tien à coeur? J'ai l'impression que je serais perdue dans mon identité. Peut être qu'avant tout, c'est cette identité qui est à revoir. Je suis capable de bien des choses, mais pourquoi vouloir à tout prix le prouver encore et encore? La personne la plus impossible à satisfaire, c'est moi.

Mais surtout, ai-je vraiment envie d'être si parfaite, de garder au fond de moi cette tension, cette pression qui grandit lorsque je veux tout faire mieux que bien? Il y a au fond de moi un petit bout de fille qui sait qu'être si "parfaite", c'est malsain, et qui se donne de l'air en mangeant mal, trop, n'importe quoi qui sorte de la perfection. 

Peut-être que le problème de, fond, c'est que j'ai l'impression d'être ce que je fais, même si j'aspire tellement à être, tout court. J'ai peur du vide et de l'infini. Pour moi, c'est pareil, et ce que j'ai dans le coeur. C'est donc tellement rassurant de se donner de la substance avec un travail parfait, une réflexion poussée, un rôle joué comme il se doit parce que derrière, il y a quoi?

J'ai beau réfléchir sur la question, ça ne m'avance à rien. J'ai toujours d'un coté cette liste de chose que je voudrais faire, une tension énorme aussi bien si je ne les fais pas que si je le fais... En faisant tout bien, je me sens momentanément mieux. Ça ne dure pas. C'est comme les compulsions, une façon inefficace de me faire du bien. 

J'ai besoin de mesure, de modération, mais je n'ai pas de mode d'emploi pour un tel programme...

vendredi 9 septembre 2011

Déguster

J'ai l'impression de commencer à arriver à déguster. Et je ne crois pas être en mesure d'arriver à l'expliquer.

C'est peut-être que parfois, j'arrive à être devant un plat sans ressentir de tension, sans me réfréner, sans réfléchir outre mesure. Je suis là, l'aliment est là, on se rencontre sans à priori et sans méfiance.

Et c'est alors, dans un état de calme absolu, que j'arrive à me concentrer comme par magie sur ce que je mange, avec un sentiment de sérénité que je n'ai pas ressenti depuis des années.

Je goute l'aliment, j'accepte le plaisir et le réconfort qu'il m'apporte, je le remercie de ce qu'il donne à mon corps, et il se met à me nourrir le corps et l'âme. C'est bon, tellement bon!

J'ai l'impression de manger comme un enfant!

Pour moi, c'est tout un progrès. Évidemment, je ne suis pas toujours dans cet état d'esprit, mais d'y avoir gouté, c'est déjà beaucoup!